On veux du trash. Du sang qui coule, des gens crever. On veut des sensations fortes, voir les gens souffrir n'est plus suffisant, il faut les voir mourir, dépérir, s'effacer à petit feu. Les mannequins squelettiques font plus envie qu'elles ne choquent, plus personnes ne pleure sur le sort d'un clochard. La vie est emmerdante. Et même si notre génération est un peu blasée, elle est moins insensible que celle de mes parents, qui au lieu de s'occuper de nous, nous donne de l'argent, comme si ça compensait, comme si ça pouvait remplacer l'amour et l'attention qu'on a toujours chercher. Alors on commence à faire dans le trash, à prendre de la drogue et à ne plus manger, pour finalement réaliser que ça ne mène nulle part, mais que de toute façon je n'aspire à rien dans la vie. J'avais seulement besoin d'une béquille pour m'aider à avancer. J'avais seulement besoin de me faire remarquer, de crier haut et fort, que je suis bel et bien là et que j'existe moi aussi. Je m'y suis simplement mal prise, on dirait bien que j'ai un peu raté mon coup.